Thu Jul 11, 2019 7:34AM
Les Etats-Unis lancent le pari fou de déclencher une troisième guerre mondiale. (Illustration)
Les Etats-Unis lancent le pari fou de déclencher une troisième guerre mondiale. (Illustration)

Le secrétaire à la Défense par intérim des Etats-Unis a jeté l'éponge après que l'OTAN lui a opposé une fin de non recevoir concernant l'idée d'une coalition de guerre contre l'Iran. L'idée a été reprise mercredi 10 juillet par le chef d'état-major américain, le général Dunford qui est resté, lui aussi bien vague. Cette coalition qui devrait en effet être créée avant tout contre l'axe USA/GB, à l'origine de l'interception et de la détention illégale des pétroliers ( Grace 1) dans les eaux internationales, devrait compter dans ses rangs, les alliés régionaux des Etats-Unis mais aussi l'Europe voire l'Asie, soit des parties qui s'aliment en pétrole du golfe Persique. En d'autres termes, les Américaines veulent créer une coalition de guerre anti-Iran avec l'argent des pétromonarchies et les effectifs et les armements de l'OTAN, une coalition qui devrait opérer dans une zone particulièrement vaste s'étendant du golfe Persique à la mer Rouge. Mais l'objectif est-il réellement l'Iran? 

Au mois de juin ce projet a été mis sur la table des partenaires de Washington au sein de l'OTAN, quitte à provoquer dès le premier coup une profonde angoisse dans leurs rangs. C'était juste quelques  jours après la destruction du RQ-4 Global Hawk Us dans le ciel iranien par les forces aérospatiales du Corps des gardiens de la République islamique. Présenté par Mark Esper, le désormais ancien secrétaire américain à la Défense par intérim, le plan a reçu une volée de bois verts, la France, l’Allemagne et la Turquie l'ayant violemment rejeté.

Une fois n'est pas la coutume, Florence Parly, ministre française des Armées, a souligné que Washington n’avait pas à entraîner l’OTAN dans les tensions militaires du golfe Persique ni dans d’autres espaces maritimes stratégiques. Tandis que ses homologues turc et allemand ont fait prévaloir la nécessité du dialogue avec l’Iran. Car les partenaires européens et otaniens des Etats-Unis savent parfaitement qu'une coalition militaire dont la mission consiste à embraser deux voies stratégiques pour la Chine et la Russie, ne laisseraient pas ces derniers indifférents. 

Il s'agit d'un plan de guerre effectivement dirigé contre l'Iran mais qui vise aussi ses partenaires asiatiques, russes et eurasiatiques, selon un analyste à Téhéran joint par Presstv: " A part la Grande-Bretagne et Israël, aucun autre partenaire de Washington ne veut s'engager dans un conflit majeur qui l'opposeraient à l'Iran à la Chine et à la Russie. Le double non franco-allemand en dit bien long sur l'état d'esprit qui règne en ce moment au sein du camp pro-USA. Ce non a d'ailleurs coûté sa place à Esper et l'idée a été reprise récemment par le chef d'état-major US. Dunford reconnaît lui aussi que le plan reste à l'état de concept et qu'il faudrait la contribution de nombreuses parties. En fait on comprend parfaitement que les Etats-Unis en sont désormais au stade d'embraser les principales routes énergétiques rien que pour nuire à la Chine et dans une certaine mesure à la Russie. Pour le reste je ne croit pas que ces deux pays resteraient les bras croisés à regarder l'Amérique engager une troisième guerre qui plus est, vise directement leurs intérêts". 

Ces sont ces mêmes objections qui ont infligé une défaite cuisante à Mark Esper en pleine réunion des ministres de la Défense de l’OTAN qui ensuite s’est adressé aux membres de l’Organisation, leur promettant de présenter lors d’une prochaine réunion davantage de détails sur ce qu’il appelle la menace de l’Iran.

"Victime de ses ambitions illusoires, Esper ne doutait en aucun cas que ses homologues otaniens s’opposent au plan anti-Iran, allant jusqu’à transmettre ses faux espoirs à Donald Trump. Certains experts en déduisent que l’incapacité d’Esper à y parvenir a amené ce dernier à se démettre de sa charge à la tête du Pentagone. L'Europe ne veut pas faire la guerre à l'Iran. Elle n'a aucune raison pour la faire. Elle ne veut pas non plus s'engager dans un face-à-face contre la Chine et la Russie. Le plan US est aussi un aveu d'échec. Si les SUA pouvaient s'affronter l'Iran, ils l'auraient fait eux-mêmes sans avoir à tendre la main à leurs alliés. Etant incapable de défier la capacité de l’Iran à assurer la sécurité du golfe Persique et du détroit d’Hormuz, les Etats-Unis sembleraient donc chercher selon ce nouveau scénario, à impliquer plusieurs d’autres Etats, notamment ceux de l’OTAN, dans un nouveau conflit régional au quel la Russie et la Chine ne resteraient pas indifférentes".